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Haiti : Le blanc a parlé, point barre

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En Haïti, les acteurs politiques n'ont pas toujours les derniers mots pour décider du sort de la nation. La continuité de l'État après l'assassinat de Jovenel Moïse en est bien la preuve. Pour remédier à la crise causée par le vide institutionnel, plus précisement au niveau de l'exécutif, aucun consensus à l'haïtien n'a été trouvé.

Le "Blanc" veut un gouvernement de consensus pour la poursuite des élections. Son vœux sera exaucé. Ariel Henry, autrefois Premier ministre désigné et esseulé, a trouvé la bénédiction du Core Group. Enfin, il rentrera en fonction pour remplir sa principale tâche : organiser le plus vite que possible des élections.

Peut-on prétendre être une nation souveraine pouvant choisir librement ses représentants ? Nous ne sommes pas sous le joug d'une occupation étrangère, mais rare sont les fils du terroir qui peuvent décider pour le pays et qui ne cherchent pas les binnes grâces des plus fidèles amis d'Haïti. Les acteurs politiques sont bien présents, mais ils ne commandent pas.

Aujourd'hui encore, la classe politique haïtienne continue de prendre la leçon et de se courber à la volonté du Core Group, de l'ONU et des puissances impérialistes étrangères.

À la mort de Jovenel Moïse, c'est la représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies, Helen Lalime, qui a renforcé le pouvoir de Claude Joseph pour la continuité de l'État, malgré qu'il ait été déjà révoqué par l'arrêté présidentiel ayant nommé Ariel Henry comme Premier ministre. Les décideurs ont tourné leur veste pour supporter ensuite Ariel Henry.

Du côté des acteurs locaux, la résolution prise par le reste du Senat le 9 juillet dernier est passé en déroute. Cette perspective de sortie de crise, adoptée par huit sénateurs sur 10, n'est pas prise en considération. Pour une quelconque raison que la population ignore, le blanc ne soutient pas Joseph Lambert qui aspirait à la présidence. Il bénéficiait aussi du soutien de nombreuses structures politiques du pays.

Parallèlement, la “Commission de la société civile haïtienne pour la recherche d’une solution haïtienne à la crise” a échoué dans ses démarches. Les causes sont légions. Demesvar Delorme, de son temps, aurait dit que le pays à une carence d'hommes de tête, d'hommes d'étude et des hommes de coeur.

Ainsi, même après la mort de Jovenel Moïse, des politiciens n'arrivent pas à s'asseoir pour trouver un accord et une entente pour administrer le pays.

Il a fallu que le blanc appelle tous les acteurs à soutenir le gouvernement du Premier ministre Ariel Henry. Lui qui n'a pas totalement de choix dans la composition de son cabinet ministériel.

L'éxécutif est dépourvu d'un chef d'État pour l'instant. Quelques mois auparavant, beaucoup demandaient la clé du palais et reclamaient la démission de Jovenel Moïse. Certains avaient nommé Mécène Jean-Louis comme président provisoire. Pourtant, actuellement, le pays est sans président et sans un gouvernement de droit.

Exodenews est là pour vous informer!

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Oberde Charles

Rédacteur

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Port-Salut Magazine

LE CONSTAT EST FLAGRANT: IL N’Y A PAS D’OPPOSITION CRÉDIBLE EN HAÏTI…

Il est important de souligner qu’il n’existe pas une opposition politique structurée en Haïti. Le président Jovenel Moïse avait des opposants qui cherchaient à l’influencer dans l’intérêt des oligarques corrompus qui financent les actions subversives visant à paralyser les activités économiques au détriment de la masse. S’il existait une opposition responsable, le départ précipité du président de la République pourrait faciliter un grand changement sur l’échiquier politique. On doit savoir que le pays a des acteurs politiques au chômage qui cherchent à trouver un boulot dans l’administration publique.
Ce n’est pas le blanc ni la communauté internationale qui a choisi le premier ministre Ariel Henry. Il est de l’opposition et il a été choisi par le président Jovenel Moïse avant son exécution odieuse et crapuleuse par les mercenaires colombiens. Étant donné qu’il n’était pas encore installé ni former son gouvernement, Dr Claude Joseph a assuré la continuité de l’Etat. Il n’y a pas eu de confusion entre les deux hommes. A priori, l’opposition politique publiait dans les médias sociaux qu’Ariel Henry était le choix de Jimmy Cherisier alias Barbecue chef gang du G9. Après l’assassinat du président, les acteurs de l’opposition appuyaient Dr Ariel Henry comme premier ministre. Ils ne sont pas parvenus à lui imposer son agenda politique. Ils se sont désolidarisés avec lui. Il est absurde de dire que le Binuh a imposé son choix alors que les tentatives de Joseph Lambert ont échoué parce que certains acteurs estiment qu’il n’est pas approprié de le considérer comme président provisoire. L’opposition a échoué encore une fois c’est parce qu’elle n’a pas de projet de société susceptible de changer les conditions socio-économiques de la population. Elle ne souhaite pas participer aux prochaines joutes électorales parce que les acteurs formant l’opposition extrémiste n’ont pas de légitimité populaire ni les moyens financiers pour prendre le pouvoir. Le peuple en a marre des gens assoiffés de pouvoir qui œuvrent à la solde des oligarques corrompus pour le maintenir dans la pauvreté et l’indulgence. Ce n’est pas le blanc qui impose Dr Ariel Henry, mais la volonté du président Jovenel Moïse de chercher un consensus dans le dialogue afin de changer les conditions de vie des citoyens qui vivotent dans les bidonvilles et le milieu paysan.

21 Juillet 2021