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Fête des morts: au grand cimetière de Port-au-Prince, les fidèles ne chôment pas

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À l'entrée du grand cimetière de Port-au-Prince, un groupe de gens se massent aux alentours, certains balladent, d'autres dansent, font du va et vient sous le son de la musique folklorique d'un DJ. À l'intérieur, des fidèles du vaudou et de tant d'autres tendances religieuses viennent dans l'espace; Ils sont là pour parler avec les morts, renouveler leurs engagement avec les loas, réclamer protection, chanter et d'autres sous l'emprise des guédés passent la sauce pimentée dans leurs visages et dans bien d'autres parties intimes du corps.

10h du matin, à cette heure, la rue Mgr Guilloux est le coin le plus ambiant de l'aire métropolitaine. Dans ce contexte de crise, nul ne s'attendait à une grande fête. Dans la zone, des riverains se sont dressés en spectateurs pour s'amuser, les gens portant des habits de couleur mauve, blanche ou noire défilent pour se présenter vers leurs proches enterrés à la cimetière. D'autres viennent par tradition ou dans le but de faire une demande à ces dieux protecteurs en qui ils ont leurs croyances.

Vers la grande croix à la peinture noire, au pied de Baron (le premier enterré du cimetière, grand maitre des guédés), une foule immense s'est rassemblée. Des adeptes font leurs demandes, d'autres scandent des chants folkloriques, liés principalement au culte des loas. Au beau milieu de la foule, certains versent par terre quelques gouttes de rhum, prononcent des mots vulgaires et font des gestes érotiques qui font éclater de rires les observateurs.

Parallèlement, des mambos et des hougans parcourent toute l'espace du cimetière, ils prononcent des sorts, prédisent, avertissent et conseillent leurs ouailles. Les participants ont choix à un bain de chance, un mélange entassé dans une cuvette blanche composée de plusieurs plantes. Par ailleurs, il y a d'autres substances qu'on applique sur le corps soit pour la guérison, la protection et pour tant d'autres besoins.

Dans l'enceinte du cimetière, des bougies allumées et des pots de café sont remarqués à tous les coins. Les initiés tracent leurs "vèvè" en signe de communication et d'interpellation aux loas. Par contre, les petits commerçants installés à l'occasion de la fête soulèvent que l'insécurité, la cherté de la vie et la crise du carburant ont cassé l'ampleur de la fête des morts au grand cimetière. "Si se pa t jan peyi a ye la, pa t ap gen kote bò isit la pou tire yon epeng. T ap gen plis moun", a t-elle martelé.

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La Rédaction

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